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A l’heure de la 3D et des films à gros effets spéciaux, Michel Hazanavicius relève le pari fou de réaliser un film muet en noir et blanc, vibrant hommage au cinéma de la fin des années 20-début des années 30. Hazavanicius reforme le duo Jean Dujardin-Bérénice Béjo (formé dans le premier OSS 117) dans ce long-métrage mêlant instants comiques et tragiques, rires et larmes. Il montre que l’on peut encore aimer le cinéma de gestes et d’expressions à une époque où de nombreux films rivalisent plus par les technologies utilisées que par leurs scénarios.
La musique joue un rôle à part entière dans cette réalisation en noir et blanc où le son et la parole ne font que de rares incursions pour donner plus de ressort à l’histoire. Si le scénario est simple en tant que tel, il fonctionne à merveille : la rencontre d’une icône du cinéma muet avec une figurante qui devient quelques années plus tard la figure de proue du cinéma parlant est l’occasion de nombreux clins d’oeil à l’art cinématographique en général. Mais elle soulève aussi des interrogations sur la place des artistes dans la société. Dans le Hollywood de la fin des années 20, à l’heure de la crise économique et d’une “révolution” – la parole – dans le monde cinématographique, George Valentin devient un “has been” et en dépit du style atypique de ce film, “The Artist” n’est pas sans rappeler certaines situations actuelles.
Brillamment interprété (mention spéciale à Dujardin, classe et sobre en vedette des twenties), laissant voir de magnifiques images, tour à tour hommage au muet, au mime, aux premiers films parlants et même dansants, “The Artist” enchante et chante l’amour de son réalisateur pour le Hollywood du début du 20e siècle, loin, très loin des starlettes actuelles et des grosses productions vides de sens. |
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 Adapté d’un roman éponyme d’Éliette Abécassis, “Un Heureux Événement” marque le retour derrière la caméra, trois ans après “Le Premier jour du reste de ta vie”, de Rémi Bezançon. Cette fois le réalisateur filme l’évolution d’un couple autour d’un événement que l’on dit “heureux”, l’arrivée d’un enfant. Et si l’on met des guillemets à “heureux” c’est bien parce que c’est là que réside tout le propos du film : avec humour, tendresse, parfois crûment et souvent avec un réalisme doux-amer, Rémi Bezançon montre comment l’arrivée d’un bébé peut tout bouleverser au sein du couple et aussi de la famille. Il montre comment un bébé transforme tout, à commencer par le corps de la mère, pour finir par changer parfois les rapports du couple aux autres mais aussi au sein du couple lui-même. Il est intéressant de voir comment un homme traite un sujet comme la maternité, avec sensibilité mais aussi humour avec certaines scènes particulièrement cocasses.
Sur fond de thèse existentialiste, car le personnage de Barbara, la jeune mère interprété par l’ex-Miss météo Louise Bourgoin, est thésarde en philo, le film dévoile au fur et à mesure l’évolution d’un point de vue, à travers la transformation d’une femme prise habituellement dans les concepts, qui doit faire face à l’événement le plus palpable et réaliste qu’elle ait connu jusqu’ici.
En montrant la beauté de la parentalité mais aussi toutes les difficultés qu’un jeune couple doit affronter pour rester solide en dépit de grands changements, Rémi Bezançon signe un film réaliste mais aussi un tantinet pessimiste qui donnera peu envie aux plus réfractaires de sauter le pas…Le couple Pio Marmaï-Louise Bourgoin donne corps à ces jeunes parents d’abord heureux puis un peu perdus dans leur nouveau rôle. Quant à Josiane Balasko, elle est excellente en grand-mère ex-anar et rebelle. Les mamans fusionnelles sont mises à mal et ceci donne lieu à des séquences particulièrement drôles, comme un épisode drôlissime au “club du lait”; les mères fissionnelles sont aussi ‘dissequées’ et l’exemple le plus probant est donné par l’ex-comique du Splendid.
Bref, ce film laisse à réfléchir sur la grossesse et la maternité en général, sur la parentalité et sur son propre rapport à ses parents. Entre humour et noirceur, “Un Heureux événement” prend à contrepied les histoires d’amour habituelles où l’enfant devient le prolongement naturel du couple et est une finalité en soi pour tout couple amoureux. |
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 Dix ans après le remake de Tim Burton de “La Planète des singes”, l’Anglais Rupert Wyatt, jusque là inconnu au bataillon, entreprend le pari fou de se lancer sur grand écran en proposant une préquelle à “La Planète des singes”. En installant son histoire dans un présent actuel, le réalisateur propose une hypothèse scientifique pour expliquer le début de l’évolution simiesque et de la révolte des chimpanzés contre l’homme. Doté d’un joli casting (James Franco, Freida Pinto) et impressionnant de virtuosité, ce long-métrage mêle brillamment science-fiction et drame.
Focalisée autour du singe César, adopté par le scientifique Will (interprété par James Franco), à l’initiative d’un révolutionnaire vaccin contre Alzheimer, l’histoire se déroule tout naturellement et dénonce au passage subtilement mais avec empathie les traitements réservés aux singes de laboratoire. C’est d’ailleurs dans un laboratoire que tout commence.
“La Planète des singes : les Origines” n’est donc pas un remake (même si son sujet s’inspire du 4e volet de la saga, “La Conquête de la Planète des Singes”) mais l’antépisode réussi du fameux premier film. C’est une franche réussite que signe Ruper Wyatt en donnant à voir un personnage principal, un singe, César, plus vrai que nature grâce à la motion capture. Derrière ce personnage virtuel se cache Andy Serkis, qui avait déjà fait ses preuves en prêtant ses mouvements à Gollum dans le Seigneur des Anneaux.
Scénario bien ficelé, prises de vue impressionnantes, graphismes détonants, tension dramatique et respect de l’esprit des premiers films, tous les ingrédients sont réunis pour transformer ce premier essai d’un réalisateur qui était jusqu’ici inconnu du grand public. |
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